
Ma Loge
Si par la magie du théâtre, je pouvais accueillir qui je voulais dans ma loge pour avoir des discussions bouleversantes, je choisirai ces figures théâtrales et cinématographiques qui, par leur flamme de la créativité, ont construit leur légende. Qu'elles soient vivantes ou décédées. J'aurai l'immense honneur de boire les paroles de ces géants du théâtre. Par une énergie spirituelle et médiumnique, ils sont immortels. Leurs œuvres m'inspirent cette passion et nourrissent mon âme. Leur art intemporel m'insuffle une force presque mystique.
James Matthew Barrie

Mon phare dans la tempête. Depuis mon enfance, plongée dans un monde où la solitude et le rejet des autres enfants m'ont parfois fait m'interroger sur ma place, James Matthew Barrie a été un guide essentiel. Peter Pan, son personnage, est devenu mon meilleur ami imaginaire, un refuge dans lequel je pouvais m'évader. C'est dans cet univers que j'ai trouvé un moyen de ne pas sombrer, de ne pas devenir folle face à la discrimination et à l'abandon. L'écriture théâtrale est née de cette lutte intérieure pour comprendre, aimer et donner du sens à ce que je vivais. À travers Peter Pan, j'ai découvert que l'auteur derrière ce monde magique était un dramaturge. Son influence a été plus que profonde, elle a nourri mon âme et ma créativité. Si un jour je pouvais discuter avec lui, je lui parlerais de cette magie qui m’a sauvée, de l’importance de l’imaginaire et du théâtre pour affronter les ténèbres. Je lui dirais que, grâce à lui, j’ai trouvé une voie, une manière d’exprimer ce que je ressens et ce que je suis, sans avoir à me cacher.
Jacqueline Maillan

Son jeu de scène m’a toujours captivée, mais c’est surtout la femme qu’elle était, avec ses contradictions, sa sensibilité et sa liberté d’être, qui m’interpelle. Je me reconnais dans cette femme à la fois lumineuse et mélancolique, pleine de tourments mais aussi un peu perdue. Je me souviens de ce petit portrait d’elle que je gardais dans mon portefeuille, comme un talisman, toujours avec moi, me rappelant ses combats, ses rires et ses silences. Que je regardais avant de monter sur scène. Elle n’a jamais pu vraiment assumer son homosexualité en dehors de son cercle proche. Je me sens proche de ce secret qu’elle portait avec elle, cette partie de sa vie qu’elle n’a jamais pu partager ouvertement, du moins pas comme elle l’aurait voulu. Moi, j’ai fait mon coming-out, il y a 10 ans, mais je ressens toujours une forme de connexion avec elle dans cette lutte pour être soi-même sans peur ni honte. Ce que j’aurais aimé lui dire, c’est que je la comprends dans ce désir profond de tragédie, cette envie de jouer des rôles plus profonds, plus sombres, loin des comédies qu’on lui attribuait. J’aurais aimé lui parler de cette frustration d’être enfermée dans un rôle qui ne correspondait pas entièrement à l’artiste qu’elle voulait être. Parce que derrière ses éclats de rire, il y avait une femme prête à affronter les plus grandes douleurs humaines, une tragédienne qui ne demandait qu’à se libérer.
Robert Hirsch

Ce que j’aurais voulu lui dire, c’est à quel point je me reconnais dans son approche de l’art, dans sa manière de se donner sur scène, sans calcul, sans rien attendre en retour. Il se surnommait le « roi des cabotins », et j’admire cette liberté, cette folie créative de s’amuser d’abord pour soi. Ce qui me touche, c’est que pour lui, l’humour, l’autodérision, et se grimer n’étaient pas des moyens de plaire à un public, mais un vrai plaisir qu’il s’offrait, à lui. Cette idée que, avant de vouloir divertir les autres, il fallait être soi-même dans ce qu’on joue, se faire plaisir, vivre l’instant. Rien n’est plus important. Si tu ne t’amuses pas sur scène, tu n’es rien. Tu dois d’abord rire, t’amuser, incarner un personnage sans le calcul, sans penser au résultat, juste pour la joie de jouer. Moi aussi, je veux m’amuser, me perdre dans le personnage, et laisser de côté le souci du regard des autres. Je ne veux pas jouer pour plaire ou pour faire plaisir, mais pour moi, pour la beauté du geste, pour l'amour de l’art. C’est cette énergie qui me touche chez lui. C’est ça que j’aspire à transmettre à travers mes créations : un lâcher-prise, une explosion de plaisir. Ce plaisir-là, il doit être pur. Et si le public ressent cela, alors, ça marche.
André de Lorde

Ce que j’admire chez André de Lorde, c’est cette audace incroyable d’offrir une expérience brute, sans attendre que le public demande à être bousculé. C’était une immersion, une projection de tout ce qu’on essaie de fuir dans nos vies. Dans son théâtre, la salle devenait comme une sorte de prison, où l’on était jugé et où l’on se jugeait soi-même, incapable de s’échapper. Ce que j’aurais aimé lui dire, c’est comment il réussissait à faire sortir les tripes des spectateurs par cet exorcisme scénique. Comment il parvenait à les pousser dans leurs retranchements, à les rendre vulnérables. Ce n’est pas seulement de l’horreur gratuite, c’est un défi lancé au spectateur. Pour lui, ce n’était pas une question de plaire, c’était une question de vérité, même si cette vérité faisait mal. Il ne fallait pas attendre que les gens en aient envie ; il fallait leur offrir cette confrontation, leur permettre de ressentir cette peur viscérale.
Edmond Rostand

Il sait traduire les émotions en mots avec une telle justesse qu’elles nous transpercent. Il n’écrivait pas pour embellir la réalité, mais pour la sublimer, pour révéler la beauté cachée dans nos failles, nos doutes et nos amours impossibles. Il a ce don d’écrire des vers qui ne sont pas juste des mots, mais une forme de musique de l’âme. J’aurais aimé lui demander comment il parvenait à écrire une poésie si audacieuse, si osée, sans jamais perdre de vue l’humanité profonde de ses personnages. Comment il abordait cette vulnérabilité, cette fragilité humaine, tout en, en faisant une force sur scène. Parce que c’est ça, Rostand : il nous montre à quel point nos faiblesses peuvent être belles, il nous apprend à aimer nos blessures et à les exprimer avec une telle intensité que les spectateurs en ressortent soignés. Et que les dramaturges reviennent a oser la poésie.
Jean Anouilh

Ce qui est fort chez lui, c'est cette dualité dans ses personnages. D’un côté, il crée des personnages un peu idiots, parfois ridicules, qui me font beaucoup rire. Et de l'autre, il donne vie à des personnages féminins puissants et rebelles, qui ne se laissent pas faire, qui se battent pour leurs convictions. D’ailleurs, ce que j’ai remarqué, c’est que souvent, les personnages les plus abjectes, les plus ridicules, ce sont des hommes, et les femmes sont celles qui incarnent la force. Si j'avais la chance de discuter avec lui, j'aimerais lui demander comment il parvenait à créer des personnages aussi forts, aussi intenses, avec cette capacité à captiver le spectateur. Comment il réussissait à faire de ses personnages des figures emblématiques, d'abord par leur charisme, leur aura, mais aussi par leur courage. Des personnages qui, seuls, affronteraient n'importe quoi, n'importe qui. Et puis, leurs discours... Ces plaidoiries, ces mots, qui résonnent. C’est là que réside la puissance d’Anouilh : dans cette capacité à rendre ses personnages profondément mémorables.
Maggie Smith

Cette délicatesse, cette noblesse qui semble infuser chacun de ses personnages. Son flegme Anglais, c'est bien plus que de simples gestes ou mots, c'est une fluidité, une légèreté qui glisse d’un rôle à l’autre avec une élégance rare. Pour moi, elle incarne l'art de la transformation avec une telle finesse, passant d'un personnage à l'autre sans jamais perdre l'essence de ce qu'elle est, mais offrant à chaque fois une nouvelle facette. Si j'avais eu l'opportunité de discuter avec elle, j'aurais adoré lui poser une question essentielle : comment arrive-t-elle à maintenir une carrière aussi riche, aussi épanouissante, avec des rôles si variés ? Son jeu, comme un prisme, jongle entre les nuances, sans jamais se laisser enfermer dans un type de personnage. Il y a aussi cette quête de féminité qui n'est ni dans la fragilité, ni dans la soumission. C’est quelque chose que j'aimerais m'approprier davantage. J’ai appris à être douce, mais je cherche aussi cette part de féminité, de grâce dans mon jeu, même dans les personnages les plus forts. Elle a cette capacité à incarner des figures puissantes tout en préservant une aura délicate. Et par dessus-tout visible aux yeux. Elle a cette rare faculté de ne jamais être enfermée dans un rôle, dans un genre théâtral, dans un carcan. Elle irradie, elle rayonne. C’est une comédienne dont l’âme semble se dévoiler à chaque instant, rendant son jeu palpable. C’est cette magie-là que j’aimerais comprendre et intégrer dans mon propre jeu, moi qui suis conquérante, car j'aimerai maitriser comme elle ma sensibilité.
Robin Williams

C'était un homme dont la gentillesse infinie rayonnait à travers chacun de ses rôles. Ce qui me touche profondément chez lui, c’est cette capacité qu’il avait à s'oublier lui-même pour offrir aux autres. Il donnait sans compter, non pas pour recevoir, mais pour soulager, pour apaiser, pour divertir. Il croyait profondément en l'humanité, en chacun d'entre nous, et voyait toujours le meilleur chez les plus faibles, les oubliés. Voulant être l'ami de tous, essayant de toucher le plus grand nombre. Sa lumière était une lumière divine, mais pourtant, il se battait constamment contre ses propres ténèbres. Ce combat intérieur, tragiquement, a eu raison de lui. Mais ce qui reste, c’est sa manière unique de jouer. Dans chacun de ses personnages, une tendresse masculine naturelle, qui ne sonnait jamais faux. Il n'était pas un hypocrite, il était vrai, et cela transparaissait à chaque film, à chaque scène. Si j'avais pu lui poser une question, j'aurais voulu savoir comment il parvenait à incarner cette gentillesse, cette capacité à toucher les cœurs sans jamais se perdre. Il a voulu, à travers son art, multiplier l’amour, grandir cette lumière pour que tous puissent en bénéficier. Et même après sa disparition, cet héritage continue de réconforter, de toucher, de rappeler à chacun de nous la beauté de la bienveillance.
William Shakespeare

Ce dramaturge a su créer des mondes où l’imaginaire et la réalité se mêlent, des univers féeriques où le sublime côtoie le monstrueux. Ses pièces, comme Macbeth, Hamlet ou Richard III, portent des personnages historiques et mythologiques d’une intensité rare, des héros et des anti-héros qui marquent l’histoire du théâtre. Ce qui me fascine chez lui, c’est sa capacité à rendre ces figures puissantes et terrifiantes, tout en y ajoutant une touche de poésie. Son talent réside dans cette alchimie : il ancre ses histoires dans la réalité, tout en nous offrant un voyage vertigineux dans des mondes irréels. Ce que j’admire particulièrement, c’est son jeu avec les mots. Shakespeare, c’était un maître dans l’art de manier les mots comme les plus grands mousquetaires manipulent leur épée. Il jouait avec la langue, la transformait, la faisait danser, parfois avec humour, parfois avec une gravité saisissante. Chaque réplique semblait frappée du sceau de la vérité, chaque jeu de mots, ou nouveau mot, chaque métaphore, touchait le cœur. C'était une arme redoutable, un moyen de captiver, de faire rire, de choquer, mais toujours de provoquer l’émotion. Si j’avais pu le rencontrer, j’aurais adoré lui poser la question : comment réussissait-il à créer ces mondes où chaque personnage, aussi complexe ou tragique soit-il, semble prendre vie sous nos yeux ? Comment parvenait-il à rendre tout cela puissant ? Shakespeare est un monstre du théâtre, et ses œuvres continuent de résonner. C’est cet héritage que je cherche à comprendre et à intégrer dans mon propre travail.
Patrick Haudecoeur

Dramaturge et comédien, Patrick est un maître dans l'art de créer une pièce où chaque détail a sa place et son importance, sans pour autant alourdir l'atmosphère, telle une valse. Ses personnages, parfois un peu décalés, et très niés, nous offrent une légèreté à des sujets graves. Sans pour autant supprimer le poids des enjeux. Patrick est un digne petit-fils de nombreuses références théâtrales et mouvements dramatiques, il a su se détacher des grands noms pour faire connaitre le sien. Son monde donne envie de revenir encore et encore, loin des clichés d’un théâtre austère ou ennuyeux. Si j'avais la chance de discuter avec lui dans ma loge, je lui demanderais comment il parvient à rendre chaque élément de son œuvre aussi fluide et essentiel. Et surtout, comment il réussit à créer des personnages qui, dans leur simplicité, nous touchent profondément tout en nous faisant rire aux éclats.
Alexandre Astier

Un maître dans l’art de rendre tout fascinant, de transformer la complexité sans jamais en réduire la richesse. Il incarne la polyvalence, et c’est cette richesse de talents qu’il utilise pour créer une œuvre pleine de références et de savoirs, tout en restant accessible. Il est un créateur solitaire, celui qui nourrit sa flamme créative de manière autonome, refusant de la laisser s’éteindre ou se diluer par des manipulations externes. Il parvient à rendre l’apprentissage incroyablement cool et captivant. Il retire la boue des pierres précieuses qu'il a trouvé sur son chemin. Alexandre Astier est un homme d’univers, de références, mais surtout un homme de curiosité et d’humilité. Il dédramatise l’apprentissage. Il a cette capacité unique à varier les genres, à passer d’un roi Arthur à la science, d’un dialogue absurde à une réflexion profonde sur la nature humaine. Si j’avais la chance de le rencontrer dans ma loge, je lui demanderais comment il réussit à rendre chaque sujet, même le plus technique, tellement accessible et intéressant. Comment il arrive à rendre un savoir parfois complexe, si palpitant. Et surtout, je lui demanderais comment il parvient à créer des dialogues aussi percutants, aussi drôles, mais toujours nourris d’une profondeur et d’une intelligence rares. Et c’est ce qui fait de lui un génie.
Christophe Delort
Il incarne un théâtre audacieux où histoire et modernité se rencontrent pour offrir une immersion totale. Il ose réinventer des figures historiques ou imaginaires comme Sherlock Holmes ou Al Capone, les rendant vivants et palpables sur scène. Son travail avec trois comédiens qui jouent jusqu'à dix personnages est un exemple magistral de maîtrise, et ses jeux de lumière et d'ombre transforment chaque scène en un tableau vivant. Il crée des atmosphères où chaque détail a son importance, du décor multifonction à l’éclairage, qui deviennent des personnages à part entière. On se croirait dans un vieux film et il mérite à être plus connu. Si j'avais l'opportunité de le rencontrer dans ma loge, j'aimerais lui parler de sa capacité à rendre l'improvisation aussi percutante et subtile, et de la manière dont il arrive à intégrer le métathéâtre de façon magistrale. Ses décors, toujours choisis avec soin, sont pour moi un autre point d'admiration. Comment réussit-il à faire autant avec si peu, tout en maintenant une telle immersion dans son univers ? Et comment parvient-il à rendre chaque moment sur scène aussi intime et intense ?
Amanda Lear

Icône de la scène, elle porte un charisme à couper le souffle, alliant une répartie acerbe, une autodérision subtile et une énergie débordante. Elle déride tout. Son sens du timing, ses punchlines percutantes et sa fraicheur la rendent inoubliable. Si elle était dans ma loge, j'aimerais lui parler de la manière dont elle parvient à garder un tel contrôle de son image tout en étant toujours aussi authentique. J’aimerais lui demander comment elle réussit à injecter autant d’énergie et de liberté dans chaque rôle, à repousser sans cesse les limites tout en restant elle-même, et surtout, comment elle cultive cette aisance à ne jamais se prendre trop au sérieux.
Rowan Atkinson

L'incarnation pure de l’art comique. Dès qu’il entre en scène ou simplement apparaît, le rire est immédiat, instinctif. Mime en or, il maîtrise chaque expression, chaque geste avec une précision chirurgicale. Son absurdité délicieuse et son jeu sans mots prouvent que pour lui, tout est une scène. Que ce soit un plateau de tournage, une rue ou un simple regard échangé, il transforme l’ordinaire en spectacle. Si je pouvais lui parler dans ma loge, je lui demanderais comment il fait du monde entier son théâtre, où il puise cette capacité à incarner tout et n’importe quoi avec tant de puissance comique.
Wynn Handman

Un maître du théâtre qui a su transformer la scène en un lieu d'exploration infinie. Son génie résidait dans sa capacité à comprendre la troupe, à travailler sur le rythme, et à faire aimer chaque personnage à ceux qui les interprétaient. Il croyait profondément en la liberté d'expérimenter et en le droit d'échouer, convaincu que c'était là que résidait la véritable essence de l'art. Il voyait le théâtre comme un moyen de convertir les cœurs et d'expliquer le monde. Wynn savait qu'il se passait toujours plus de choses qu'on ne pensait, encourageant à laisser les événements se dérouler pour mieux en saisir l'essence. Il rêvait d'un théâtre qui n'existait pas encore (et qu'il a inventé), d'un art qui pourrait élever l'humanité tout entière. Si j'avais pu l'avoir dans ma loge, j'aurais aimé lui demander comment, selon lui, réinventer ce théâtre inexistant, comment faire de l'élévation de l'humanité une mission artistique, et surtout, comment ne jamais délaisser ce qui mérite d'être vu, tout en intégrant plus de diversité sur nos scènes.
Georges Feydeau
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Maître incontesté du vaudeville, Georges Feydeau reste une référence intemporelle dans l’univers théâtral. Son génie réside dans sa capacité à orchestrer des quiproquos d’une précision chirurgicale, où chaque porte qui claque, chaque réplique cinglante, amplifie l’hilarité. Derrière son humour parfois absurde, il dépeint une critique fine des travers de la bourgeoisie de son époque. Ses œuvres, comme Le Dindon ou La Dame de chez Maxim, sont autant de leçons de rythme, de mécanique comique et d’observation sociale. Si Georges Feydeau était dans ma loge, j’aimerais lui parler de sa vision du mariage, des mœurs qu’il caricaturait avec tant de mordant, et surtout de la manière dont il concevait l’architecture millimétrée de ses intrigues. Comment trouvait-il l’équilibre parfait entre chaos et contrôle ? Et puis, je lui demanderai si finalement son père avait raison, lui qui disait que le théâtre était mieux que les études.
Lorraine Hansberry

Une voix forte et engagée qui a su aborder des thèmes avec une profondeur et une humanité toujours d'actualité. Elle savait hypnotiser son auditoire, elle avait du chien ! Sa pièce la plus célèbre, A Raisin in the Sun, est un bouleversement du théâtre traditionnel, où elle explore avec une rare sensibilité les luttes d'une famille afro-américaine face au racisme et aux inégalités sociales. À travers ses personnages, Elle interroge les rêves, les espoirs et les désillusions dans une société en pleine mutation. Son écriture allie critique sociale et émotion brute. Si Lorraine était dans ma loge, j’aimerais lui parler de la manière dont elle a su insuffler une telle verve à ses personnages, comment elle a trouvé ce courage de dénoncer les injustices de son époque. Et surtout, comment elle percevait le rôle du théâtre comme instrument de changement social ? Quel est son secret pour écrire des textes bouleversants ? Qu'est-ce qu'elle aurait aimé écrire si la vie lui avait donné plus de temps ?
Charlie Chaplin

Chez lui, chaque geste, chaque pause, chaque regard est une réplique en soi, une réponse invisible qui parle plus fort que des milliers de mots. Le silence dans son jeu n’est jamais vide, il est chargé, il est une véritable réplique qui attend d’être entendue. Il sait que dans l’absence de parole, le regard devient le vecteur principal du message. Dans un monde où tout va vite, Chaplin nous rappelle que le cœur de l’émotion réside parfois dans l’espace entre les mots, dans ce qui n’est pas dit. Si je pouvais rencontrer Chaplin dans ma loge, je lui poserais ces questions: Comment avez-vous appris à faire de votre regard une arme si puissante, à transformer chaque silence en une réplique que tout le monde capte, même sans le savoir ? Comment avez-vous réussi à intégrer cette profondeur dans chaque geste, chaque regard, chaque mot non prononcé ? Et surtout, comment avez-vous fait pour faire du silence non seulement une force, mais un ami fidèle, un allié qui vous suit dans chaque scène ?
Bourvil

Bourvil est l'acteur que l'on a trop sous-estimé et dont on s'est servi. Il avait peu de vrais amis dans le métier et était la cible des attaques. Pourtant, il était le meilleur et le plus humble. Sa gentillesse attirait profiteurs et jaloux. Son rire naturel et communicatif, et son sourire étaient des décors à eux seuls. Bourvil était l'acteur accessible pour nos grands-parents, celui dont tous les enfants rêveraient d'entendre une histoire avant de s'endormir, et maintenant ... un exemple pour les nouvelles générations. Si j'avais pu le rencontrer, je lui aurais dit : Comment arrivez-vous à être aussi bouleversant dans 'La Grande Frousse' ? Vous êtes là où on ne vous y attend pas. Vous nous avez volé notre coeur à travers un écran, et arraché nos larmes par votre perte si grande.
Johnny Depp

Johnny est l'écorché vif par excellence. Il a refusé d'être le joli coeur que Hollywood espérait, préférant la marginalité sincère à la lumière artificielle. Sa pudeur l'oblige à se réfugier dans des personnages hors normes pour ne pas avoir à être lui-même face au monde. Il donne une dignité immense aux marginaux, aux foux, à ceux que la société rejette. Il se maquille pour mieux se mettre à nu par l'émotion. Johnny est une source de liberté absolue, loin des cases et des étiquettes. Comment arrive-t-il a être et rester l'enfant rebelle du cinéma ?
Marina Fois

Marina est synonyme de précision. elle possède l'intelligence de savoir placer le curseur entre le rire absurde et le drame le plus glaçant. Elle dissèque ses personnages pour mieux les incarner. C'est l'actrice qui nous rappelle que pour être vraiment drôle, il faut d'abord avoir compris la tragédie. Son jeu nous force à rire du pire et à pleurer du meilleur. Elle est tellement précise, que les émotions que nous vivons nous paraissent floues. Et si elle devait choisir entre la comédie pure et la tragédie lourde, que préférerait Marina ? Son autodérision fait partie de son identité.
Samuel Labarthe

Samuel est l'incarnation de la classe et de l'élégance. C'est un véritable gentleman qui possède la carrure nécessaire pour représenter les hommes qui ont fait l'Histoire. En incarnant Napoléon III ou De Gaulle, il a prouvé qu'il a cette stature et cette aura de commandement naturelle. S'il n'avait pas été acteur, il aurait sans doute changé le monde par la politique. Mais il a choisi de mettre tout son talent et sa force au service de l'art, insufflant cette même autorité à des personnages de fiction comme son inoubliable commissaire. Samuel ne joue pas seulement, il impose sa présence. Comment faîtes-vous pour transmettre l'Histoire à la perfection en incarnant des personnages gigantesques ? Quel est le rôle de vos rêves ? Dans un biopic sur votre vie, quel acteur pourrait vous incarner ?
Morgan Freeman

Morgan est bien plus qu'une voix iconique; c'est une force gravitationnelle. Il est l'acteur capable de porter un film ou une pièce sur ses seules épaules. C'est le collègue providentiel, celui dont le talent, l'expérience et le professionnalisme pur peuvent sauver une prise ou une représentation entière. Orateur puissant, il habite le silence autant que le verbe. Sa présence rassure et solidifie tout ce qui l'entoure. Morgan est la preuve vivante qu'avec assez de charisme et de rigueur, on ne se contente pas de jouer une histoire : on lui donne sa légitimité. Comment faîtes-vous pour ne jamais trembler quand les caméras et les regards sont braqués sur vous ? Comment faire pour devenir à notre tour un ange gardien des plateaux ?
Helena Bonham Carter

Helena est la Muse de l'étrange, la magicienne du contraste, la reine de l'excentricité. Elle incarne a elle seule à la fois la distinction britannique la plus stricte et en même temps la folie sombre et gothique. Elle rend le bizarre absolument sublime. Helena est fidèle à la liberté sauvage de ses personnages. Une actrice déjantée avec une palette d'émotions fortes. Comment prendre la folie au sérieux et le rejet des autres en amusement ? Comment ne pas céder sous le poids de ses personnages ? Comment ne pas confondre soi et l'imaginaire quand les deux sont aussi étroitement liés ? Que faire si l'on se sent prisonnier d'une émotion ?
Jenna Ortega

Cette visionnaire des ténèbres est la muse des rêves artistiques les plus fous. Jenna est la figure gothique dont le cinéma avait viscéralement besoin. Artiste au haut potentiel intellectuel, touche-à-tout et d'une curiosité insatiable, elle a fait du dépassement de ses limites son quotidien. Jenna ne reste jamais dans sa zone de confort : dès qu'un sommet est acquis, elle cherche déjà le suivant en prenant des risques. Fille du drame et de l'horreur, elle a marqué un tournent avec Mercredi Addams, ouvrant la voie à une carrière où seuls les grands rôles l'attendent désormais. Talentueuse actrice, scénariste fantastique et future réalisatrice impressionnante, elle est destinée à marquer l'Histoire du cinéma de son empreinte indélébile. Dans un univers parallèle, Jenna aurait pu jouer du André de Lorde, avec Pierre Bellemare comme narrateur. Va-t-elle se perdre dans ses passions ? Montera-t-elle sur les planches d'un théâtre ? Ouvrira-t-elle sa propre école d'acting ?
Fabrice Luchini

Fabrice ne joue pas, il ressuscite. Avec une mémoire d'éléphant et une passion dévorante, il fouille dans les œuvres pour en extraire ce qu'il y a d'éternel, rendant nos grands auteurs plus vivants que jamais. Il est ce passeur de textes unique, un artisan des sons qui sculpte chaque syllabe. Ses mains sont la continuité de sa pensée. Est-ce que les textes que vous avez appris finissent par devenir votre propre système de pensée ? Pensez-vous en Luchini ?
Pierre Bellemare

Pierre était le narrateur souverain du pire, le projecteur des cauchemars. Celui dont la voix s'imprime dans la mémoire pour des décennies, même sans être réécoutée. Maître absolu du suspense et présentateur indispensable de l'extraordinaire, il possédait ce don unique d'éclairer nos zones sombres. Aucun détail macabre et aucune faille de l'âme ne lui échappait. Pierre transformait les faits divers en une tragédie universelle. Quel était votre but ultime en décortiquant l'horreur ? Cherchiez-vous à exposer le mal pour mieux en extraire ce qu'il reste d'humanité ? Ou pour nous rappeler que cette lumière n'existe que par l'obscurité qu'elle révèle ?
Whoopi Goldberg

Whoopi est une aura, une classe et une beauté qui transpercent l'écran, mais elle est surtout l'arc-en-ciel de la comédie. Du stand-up le plus incisif aux films les plus poignants, elle diffuse une joie de vivre contagieuse. Whoopi a souffert, c'est une battante résiliente qui mérite chaque once de son succès et de sa fortune. Son parcours mérite un biopic. Whoopi est une femme engagée dans de nombreuses causes et n'a jamais sacrifié ses convictions pour plaire. C'est une femme solaire et protectrice qui nous rappelle que l'humour est l'arme ultime des braves. Comment parvenez-vous à transformer vos cicatrices en une telle force de vie ? Et de les montrer à l'écran sans jamais se laisser submerger ou dépasser ? Quand j'imagine ce à quoi pourrait ressembler mon ange gardien, je pense à vous.
Laurent Lafitte

Laurent est l'incarnation même du talent en mouvement. Qu'il s'agisse de faire revivre l'énergie mécanique de Georges Feydeau ou de prêter son souffle au père de Sacha Guitry. Il transpire le jeu. Laurent est un acteur gourmand du travail d'acting, un infatigable comique, qui ne recule devant aucune métamorphose. A travers des personnages forts aux univers différents, il impose une précision d'horloger et une présence magnétique. Quel est votre secret pour conserver cette vitalité inépuisable tout en servant des textes si exigeants ? Allez-vous enchainer d'autres projets de comédie musicale ? Allez-vous vous exporter en outre-Atlantique ?
Béatrice Dalle

Béatrice est une actrice immense à qui le système n'a pas rendu justice. On a tenté de réduire ce volcan à une image, de la domestiquer dans des cases trop étroites, la privant de la carrière prestigieuse que son talent brut méritait. C'est l'insoumise au grand cœur. Béatrice est amoureuse de rôles aux âmes torturées ou avec une démence assumée. Sa seule présence occupe l'espace à l'écran ou sur scène, de manière juste et équilibrée. L'industrie a eu peur de sa prestance et n'a pas su quoi faire d'elle. Vous qui exprimez clairement vos opinions quitte à ébranler la salle entière, n'envisagez-vous pas de créer des personnages à la hauteur de votre franc-parler ? Et qui pourront se le permettre par la force de l'âge ? Une chance de rattraper le passé à grande vitesse ?.
Invités d'honneur

Paule Maublanc
Ma grand-mère était un talent de diamand. Elle avait tout : la beauté, l’intelligence, le charisme, et une voix qui aurait pu conquérir le monde. Si elle avait participé à des concours d’éloquence, elle les aurait tous remportés. Elle était si persuasive, si brillante, qu’elle aurait pu s’imposer à Hollywood ou ailleurs. Ce n’est pas simplement parce qu’elle est ma grand-mère que je le dis, c’est une réalité : elle avait tout pour devenir une légende. À l’Opéra de Rouen, elle a chanté aux côtés de Luis Mariano, Alain Vanzo, Mady Mesplé… Des noms qui résonnent encore dans le monde de l’art lyrique. Elle a joué dans Macbeth et dans La Princesse de Clèves, avec un costume vert, des symboles qui, dit-on, portent malheur sur scène. Ces choix, ces œuvres, ces détails… Est-ce qu’ils n’ont pas contribué à forger son destin tragique ? Elle avait l’opportunité de rejoindre l’Opéra de Paris, mais elle a refusé, par amour pour ses enfants. Un sacrifice noble, mais qui a marqué un tournant décisif dans sa carrière. Son orgueil et les fardeaux de sa vie n’ont pas aidé. Pourtant, elle reste pour moi une femme fascinante, une artiste inoubliable. Elle était en avance sur son temps, une visionnaire, une incomprise. Et à la fois, prisonnière par ses valeurs d'un temps passé et pour sa fascination de la Royauté. Une femme venant d'une famille bourgeoise déshéritée par amour du côté de son père, et d'une famille espagnole fuyant en France avec l'aide des gens du voyage par sa mère. Une personne qui était tiraillée entre deux mondes et qui n'a jamais su choisir la chaise sur laquelle s'asseoir. Je n'ai jamais pu lui parler de son parcours ou de sa vision de l'art, et j'aurai tellement aimé. J'étais trop petite et elle trop malade. Mais dans cette loge magique, j'aurai pu rattraper le temps et les choses pour obtenir le plus bel héritage. Moi qui me sens aussi incomprise.

Jean-Philippe Holtay
Il était plus qu’un simple ami de la famille, il était une figure essentielle du monde du théâtre et de l’opéra, surtout à Rouen, mais aussi à Marseille et bien au-delà. C’était un homme aux multiples talents : photographe, costumier, décorateur, metteur en scène, professeur de théâtre et comédien. Il incarnait tout ce que l’art dramatique pouvait offrir de plus riche et visionnaire. La photo emblématique de ma grand-mère sur mon site internet, c’est lui qui l’a prise. Le costume qu’elle porte dans cette image, c’est encore lui qui l’a créé. Il avait un don pour sublimer les choses. Jean-Philippe avait également une âme de pédagogue. Il avait monté une petite troupe au Théâtre Charles-Dullin de Grand-Quevilly, où il donnait des cours de théâtre. C’est là qu’il a formé ma tante Isabelle. Lorsque ma grand-mère est venue assister à un spectacle dirigé par lui et joué avec ma tante, il lui a dit avec émotion : « La relève est assurée. » Ces mots résonnent comme un témoignage de sa foi en l’avenir du théâtre et de l’art dans notre famille. Malheureusement, je n’ai pas eu la chance de le connaître. Il est décédé avant ma naissance, et c’est une absence que je ressens encore aujourd’hui. J’aurais tellement aimé qu’il me forme moi aussi. Il vivait à une époque où être homosexuel n’était pas accepté comme aujourd’hui, et il ne s'en cachait pas. Il avait trouvé en ma grand-mère une confidente. Il lui avait un jour avoué son homosexualité, et elle, en avance sur son temps, n’y voyait absolument aucun problème. Leur amitié était faite de respect et d’admiration mutuels. Il considérait ma tante Isabelle comme sa fille et lui avait dit à la mort de mon grand-père. Alors, le qualifier 'd'ami' est bien faible pour un membre qui faisait parti intégrant de notre famille. En plus de la famille du théâtre. Si je pouvais aujourd’hui l’accueillir dans ma loge, je crois que nous aurions les conversations les plus profondes. Je me plais à penser qu’il serait fier de ce que j’essaie de bâtir. Et j'essaie de me battre pour qu'il soit moins oublié. Parce qu'il le mérite, c'est un homme qui ne doit pas aller dans l'ombre. Lui qui a mis tant de gens en lumière. Une façon de lui rendre tout ce qu’il a offert à ma famille.
Pas besoin d'être dans ma loge pour discuter du théâtre avec ma maman. Mais elle est bien entendu l'épaule sur laquelle je peux me reposer en cas de doute. Celle avait qui je peux prendre une tasse de thé dans ma loge avant de monter sur scène. Ma maman est mon premier et très grand soutien, celle qui m’a transmis des valeurs fortes. Elle m’a appris que les plus petits rôles, tout comme les petites mains, sont essentiels. "Sans eux, les grands ne seraient rien", me répète-t-elle souvent. Elle insiste sur l’importance de leur donner la place qu’ils méritent, sur scène comme en coulisses. Pour elle, les textes doivent être plus équilibrés. Les comédiens qui incarnent des bonniches ou d’autres petits rôles sont trop souvent oubliés, à peine guidés, laissés à se débrouiller seuls pendant que toute l’attention est portée sur les grands rôles. Elle m’a toujours dit de ne pas être bégueule, de leur offrir autant de soin et de direction qu’aux rôles principaux. Elle m’a aussi appris que parfois, les histoires les plus puissantes peuvent être racontées à travers les yeux des oubliés. Changer le point de vue, donner une voix à ceux que l’on ne remarque pas d’habitude, c’est une manière de rendre le théâtre encore plus riche et surprenant. Et surtout, elle insiste sur l’importance de la reconnaissance. Les applaudissements ne doivent pas être seulement pour les vedettes. Toute l’équipe, des costumiers aux agents d'hygiène, doit être mise en lumière. Elle est frustrée quand les comédiens ne sont pas tous nommés, quand les petites mains restent invisibles. Et elle est triste de savoir qu'il n'y aura aucune captation vidéo ou photo pour garder des souvenirs et voir l'évolution du jeu. Cela devrait être systématique selon ma maman. Elle croit profondément en l’équité, en la justice, et en un merci collectif. Ma maman me parle beaucoup des petites troupes, qui sont bien souvent de belles surprises. Elle m'évoque régulièrement le jeu très professionnel des troupes dans les campagnes. Et que par conséquent, il ne faut pas les dédaignés ou les moqués parce qu'ils ne sont pas sur Paris. Sans oublier, qu'elle me répète de faire participer le public car lui aussi à besoin de reconnaissance. Par dessus-tout, elle insiste sur l'importance de rester humble même si j'ai tout le potentiel pour laisser une emprunte significative dans cet art par ma voix et ma plume. Car le théâtre peut servir le bien, la lumière, les abandonnés, les rejetés. Et soulager un peu la misère du monde. Comme une prière.
Ma vision du théâtre, le miroir que je regarde dans ma loge: pour moi, le théâtre est un espace vivant qui doit captiver dès les premières secondes. C’est pourquoi j’ai toujours voulu combattre cette idée que l’acte I peut se permettre d’être ennuyeux ou trop lent. Dès le départ, le spectateur, comme le lecteur, doit être embarqué dans une énergie, une dynamique qui le happe. Chaque scène doit vibrer, sans attendre. J’aimerais aussi voir un théâtre qui ose plus, qui ne se contente pas de divertir mais qui transmet quelque chose, qui apprend, qui ouvre des portes sur des savoirs ou des réflexions. Le théâtre peut et doit être un lieu d’apprentissage. Les décors, eux, devraient redevenir des éléments essentiels, non pour voler la vedette aux comédiens (ou combler leurs lacunes), mais pour enrichir l’histoire, pour immerger pleinement le spectateur. Un décor bien pensé n’écrase pas les acteurs, il les sublime et soutient le texte. Et puis, il faut plus d’audace dans les récits. Oser des histoires nouvelles, des perspectives qui n’ont pas encore été explorées. Trouver des façons inédites de questionner et de bouleverser. Le théâtre a encore tant de théories à inventer, tant de frontières à repousser, même après des siècles d’existence. Enfin, dans mon idéal, je rêverais de voir revivre certaines traditions, comme celle du lundi consacré au fantôme et de l'importance des 3 coups. Et aussi, les applaudissements du public à chaque première entrée de tous les comédiens et entre chaque tableau. Ces rituels, ces symboles oubliés, donnent au théâtre une profondeur et une mémoire qu’il ne faudrait jamais perdre.
Je terminerai en évoquant ma volonté d'oser montrer beaucoup plus sur scène des sujets forts: la violence, la pauvreté et l'amour (sans sexe). Mon but est de provoquer des réactions incontrôlables chez les spectateurs. Je veux voir les foules se lever, crier, pleurer, et rire à s'en exploser le ventre. Ce théâtre doit faire sortir les tripes, renverser les cœurs et marquer les âmes. Il se peut qu'il ne reste pas que positivement dans les esprits. Bien que je cherche surtout à faire aimer le théâtre au plus grand nombre et à essayer d'inciter de bonnes actions à mettre en place dans et en dehors des agoras.
